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Islande, un voyage photo organisé : une première expérience !

Je dois l’avouer, étant plutôt de nature solitaire et autonome, l’idée de me joindre à un groupe d’inconnus pour un voyage organisé m’angoissait. Mais, comment refuser l’invitation de Arctic Exposure à participer à un voyage photographique en Islande, ayant comme thèmes les cavernes de glace et les aurores boréales (Aurora Borealis & Ice Cave Photo Workshop) ? Pouvoir bénéficier de l’expérience et des connaissances de terrain d’un guide-photographe local fit pencher la balance et eut raison de mon hésitation : j’ai confirmé ma présence et booké mon billet Montréal-Keflavik !

Durant le vol de nuit, nous avons d’ailleurs eu droit à un magnifique ballet d’aurores boréales. Le voyage s’annonçait des plus prometteurs…

Pendant l’hiver en Islande on a beaucoup de temps pour se préparer à photographier un lever du soleil. Lors du jour le plus court de l’année celui-ci ne se pointe que vers 11h30 le matin !


L’Islande en hiver

Si ce petit pays de glace, d’eau et de volcans, qui ne compte que 335 000 habitants, est maintenant envahit par une horde de touristes, la majorité des 2 millions de visiteurs ne s’y rendent que durant les mois d’été. À preuve, des 200 passagers à bord, nous n’étions que cinq à débarquer sur l’île ; les autres ne faisaient que profiter des bas tarifs de la compagnie aérienne islandaise WOW*, et n’étaient qu’en escale vers l’Europe.

En plus de ce moindre achalandage touristique, ce qui est bien l’hiver en Islande, c’est qu’on peut faire la (très) grasse matinée et quand même pouvoir assister au lever du soleil.

Celui-ci, le jour du solstice, ne se pointe à l’horizon que vers 11h30, et tire sa révérence vers 15h30 !

Vous aurez deviné que la crème solaire n’est pas un essentiel à mettre dans ses bagages ! En revanche, c’est un moment tout indiqué pour la chasse aux aurores boréales.

Capter une aurore boréale n’est pas bien sorcier. Il suffit d’avoir un temps d’exposition assez long pour enregistrer un maximum de mouvements, mais assez court pour ne pas avoir de trop longues traînées d’étoiles. Une exposition de 20 à 30 secondes donne généralement de bonnes images.


Un tout-inclus photo

La photographie faisant partie de ma vie depuis une trentaine d’années, j’ose avancer (en toute modestie) que le niveau de mon « œil photographique » se situerait entre intermédiaire et avancé. J’étais donc bien curieux de voir ce qu’un tel atelier photo saurait m’apporter. En faisant la connaissance de mes sept partenaires de voyage et en échangeant sur nos parcours photo respectifs, je me rendis vite compte que chacun avait une certaine expérience photo. Ils étaient là surtout pour profiter des connaissances de terrain de notre guide, plutôt que pour parfaire leurs techniques de prise de vue.

Skarphedinn Thrainsson (Skarpi), notre guide (et propriétaire de Arctic Exposure), a bien su lire le tempérament de chacun. Il laissait donc les plus indépendants s’aventurer là où ils voulaient, et assistait ceux qui ne s’éloignaient pas trop, en répondant à leurs questions, tant techniques que géographiques, voire même historiques.

En discutant davantage avec mes compagnons de voyage, dont certains n’en étaient pas à leur premier atelier photo, et en questionnant Skarpi sur sa clientèle régulière, j’en conclus que la plupart des amateurs de photographie s’inscrivent à de tels ateliers pour principalement pour s’affranchir des tâches logistiques de la préparation et du bon déroulement de leur voyage (repas, hébergement, transport, horaires…), pour les laisser aux bons soins d’un guide local, qui saura de plus les conduire sans anicroche aux incontournables à photographier. Ainsi, ceux qui envisagent un voyage photo organisé avec en tête l’idée que des leçons de type magistral, ainsi que des devoirs et présentations photo seront au programme devraient s’informer avant de s’inscrire.

Plaisirs locaux et rencontres internationales

Savourer les spécialités culinaires locales est un autre des attraits des voyages photo organisés. Nous avons pu apprécier, entre autres, des plats de poissons et de fruits de mer pêchés dans les eaux environnantes, ainsi que de l’agneau, qui a passé toute sa (courte) vie à paître librement dans les espaces sauvages des Hautes Terres. Aucun de nous n’a toutefois voulu se risquer à goûter au hákarl, cette chair de requin faisandée (pourrie !), ou aux testicules de bélier, deux des plats faisant partie du folklore culinaire islandais.

Comme ces voyages photo sont maintenant publicisés partout sur la planète, les groupes qui se forment peuvent être des plus hétéroclites.

Dans le nôtre, il y avait deux Hongkongais, un Suisse, deux Américains, une Japonaise, une Belge vivant en Afrique du Sud, et votre humble serviteur du Canada, sans oublier notre guide islandais.

Un melting-pot de cultures est toujours l’occasion d’élargir ses horizons et d’en découvrir encore plus sur « l’autre », ainsi que sur soi !

Le soleil se lève le 18 novembre : il est 10h15 !


En plus de fournir des repères de perspective, inclure quelques éléments humains dans une image de « nature et paysage », particulièrement lorsque le sujet n’est pas à son meilleur, ajoute une intéressante force narrative. Ici, la caverne de glace du glacier Svinafellsjokull, normalement bleu azur, est presque totalement recouverte de fines poussières de sable noir.


Il va sans dire que ceux qui préfèrent l’aventure et l’imprévu, ainsi que s’éloigner des sentiers battus, ne trouveront pas leur compte en s’inscrivant à des tout-inclus photographiques. D’ordinaire, j’ai d’ailleurs tendance à organiser moi-même mes sorties, et à les orienter vers des endroits où les routes ne vont pas (par exemple, lors de mon premier passage en Islande, j’ai traversé l’île à pied :  L’Islande : l’aventure d’une traversée à pied). Mais cette expérience photo « organisée » fut somme toute fort satisfaisante. J’en reviens avec des images d’endroits où je ne me serais sans doute pas arrêté, de nouvelles amitiés, un rafraîchissement sur les techniques de prise de vue la nuit, ainsi qu’un prenant désir de continuer à découvrir cette petite île bien particulière…

Pour photographier la chute Gljúfrabúi, il m’a fallu franchir le ruisseau et pénétrer à l’intérieur du canyon du même nom. Sans la suggestion de notre guide, je n’aurais jamais eu l’idée de m’y aventurer, et ne serais pas revenu avec cette image.



Les caprices de la météo

Quand on s’inscrit à un voyage photo de nature et paysage dans un pays comme l’Islande, où la météo est aussi imprévisible et instable que l’actuel président des États-Unis, il faut être prêt à s’adapter et à accepter les changements de plans. Notre atelier, dont les thèmes étaient les cavernes de glace et les aurores boréales, s’est presque soldé par un double échec. Les cavernes de glace à notre itinéraire sont situées à proximité des côtes de plages de sable noir. Les jours qui ont précédé notre aventure furent ponctués de vents extrêmement violents. Les parois des cavernes, normalement d’un bleu azur, étaient donc recouvertes d’une fine couche de poussière noire, nous privant ainsi des images lumineuses que nous avions tous hâte de capter. Quant aux aurores boréales, dont l’activité est rarement absente plus de deux soirs consécutifs en Islande, elle fut pratiquement nulle tout au long de notre séjour. C’est lors de la dernière nuit, et seulement à partir de minuit qu’une important activité solaire s’est manifestée, pour nous offrir, in extremis, le merveilleux spectacle céleste que nous étions tous venus photographier…

Un des défis lorsqu’on photographie les aurores est une bonne mise au point.  Il faut s’assurer qu’elle se fait sur « l’infini », ce qui n’est pas toujours facile dans l’obscurité totale. Alors, quand un élément lumineux sur quoi faire la mise au point se présente, qui en plus bonifie l’image, il faut savoir s’en servir !


Merci comme toujours à Arc’teryx, Helly Hansen, Garmont, MSR, Outdoor Research, et Salewa qui me fournissent généreusement de précieuses pièces d’équipement lors de mes aventures.


Cet article a initialement été publié dans les magazines Photolife et Photo Solution

* Depuis la rédaction de cet article, la compagnie aérienne WOW s’est malheureusement éteinte.


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Xavier Bonacorsi

Photographe, kinésiologue, constructeur et disciple de la maxime : « la vie se passe dehors »; Xavier écrit pour divers magazines de photographie, d'entraînement, de santé et de plein-air. Vous pouvez suivre ses aventures : @xavierbonacorsi

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