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Douleur et inconfort quand on « pousse la machine » : heureusement !
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C’est bien connu : pour avoir de bons résultats en sport, il faut apprendre à « se pousser », à tolérer l’inconfort lié à l’exercice intensif. D’où la question : peut-on repousser ses limites en devenant plus résistant à la douleur ?

Des recherches indiquent qu’on est plus résistant à la douleur si l’on connaît le mécanisme de la douleur. Or ce mécanisme n’est pas très compliqué : la douleur et l’inconfort ressentis pendant l’effort intense sont des sensations transmises par les nerfs sensitifs, globalement interprétés par le cerveau comme une perturbation menaçante.

La douleur et l’inconfort ont une utilité : ils jouent un rôle important dans la préservation de l’intégrité corporelle en suscitant un ajustement du comportement qui permettra en quelque sorte à l’organisme d’éviter d’être trop perturbé.

Votre cerveau interprète constamment toutes sortes de signaux pour bien moduler à la fois votre envie de vous pousser davantage et votre envie de vous ménager. Il fait cela en tenant compte d’éléments plus ou moins subjectifs, dont :

  • votre expérience : « Quand je ressens une telle sensation dans de telles conditions, qu’est-ce qui en résulte généralement ? » ;
  • l’enjeu psychologique : « Quel avantage (plaisir, valorisation personnelle) ai-je à me pousser davantage ? » ;
  • votre plan général : « Si je me donne plus, pourrai-je tenir jusqu’à la fin sans fléchir ? ».

Pour Laurent Vicente (qui excelle en course de montagne), psychologue français spécialisé en psychanalyse du sportif, le terme souffrir comporte la notion d’endurer, de supporter quelque chose de désagréable, par exemple une douleur physique comme les cuisses qui brûlent quand on grimpe une pente abrupte en courant, en skiant ou en pédalant.

« La souffrance qui habite la personne qui s’entraîne intensivement est davantage un processus qu’un état. La douleur pose une question, alors que la souffrance tente d’y répondre, dit-il. La souffrance est à la fois la cause et la conséquence de la propension de l’individu à se confronter à la douleur. Alors que la souffrance aide ou permet de se faire mal, la douleur, elle, fait mal ! ».


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Guy Thibault

Guy Thibault

Docteur en physiologie de l’exercice, Guy est directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec et professeur associé au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

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