Dans son recueil de « voyages extraordinaires en bikepacking », l’explorateur français Axel Carion partage dix de ses périples aux quatre coins du globe.
Fondateur du BikingMan en 2016, premier championnat mondial d’ultracyclisme en autonomie, Carion connaît mieux que quiconque les longues distances à vélo, des plus hautes altitudes aux déserts les plus arides.
Le monde à vélo est un ouvrage splendide, qui se dévore autant comme un roman d’aventures qu’il se contemple comme un album photographique.
Le livre m’a été remis en mains propres par l’auteur lui-même, puis a voyagé avec moi, bien calé dans mon sac à dos, sur 35 kilomètres de vélo dans les Alpes françaises avant de traverser l’Atlantique pour revenir au Québec. Autant dire qu’il possède pour moi une valeur particulière. Et la résonance est d’autant plus forte qu’Axel Carion y raconte, entre mille autres paysages à couper le souffle, son itinéraire en Corse — île que j’ai moi-même parcourue en 2024 à l’occasion d’un BikingMan, l’événement phare de sa série de courses d’ultracyclisme.
Ses mots réveillent les souvenirs encore brûlants de mon propre tour de l’Île de Beauté, tandis que les clichés captés sur le vif par David St-Yves prolongent l’émotion et subliment le récit.
La mission de nous faire rêver est tenue de bout en bout, des pistes de la Jordanie au désert du Maroc, en passant par les confins de l’Amérique du Sud. Carion a le talent de rendre palpables ses efforts, ses doutes, ses émerveillements, en trouvant toujours les mots justes pour traduire la rudesse des parcours et la magie des paysages. Dix chapitres, dix voyages, dix occasions de vibrer à son rythme, comme si l’on pédalait avec lui.
Extrait pp. 138 et 151
[...Chaque matin, ces rencontres éphémères foudroient nos âmes et nos cuisses de nostalgie alors que nous repartons sur les pistes. Oui, la réalité de l’exploration est dure, car aussi sûr que ces montagnes sont hautes, nous ne reverrons sans doute jamais ces bons samaritains anodins. Seuls resteront ces sourires, ces regards et ces mots échangés sur nos mondes à la fois si différents et si proches.]
[...L’apnée volontaire qu’implique la pratique en haute altitude à vélo est une expérience en soi. Elle vient ajouter un sentiment particulier qui vient balayer tous les repères habituels du cycliste. La distance, le dénivelé total ne comptent plus. Gravir lentement, tel un pèlerin durant une procession, une montagne en altitude est un défi inouï.]
Sur le plan éditorial, la structure est impeccable : chaque récit est complété par une fiche pratique regroupant dix incontournables du pays traversé, un tracé de l’itinéraire et quelques indications précieuses pour celles et ceux qui aimeraient transformer le rêve en aventure concrète.
En somme, Le monde à vélo est bien plus qu’un beau livre : c’est un passeport pour l’imaginaire, une invitation à l’effort et une irrésistible incitation à enfourcher son vélo.
On peut se le procurer ici : Le Monde à Vélo











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