La sécurité en plein air | Balises RECCO, guides de montagne et secourisme
1 mars 2025
Xavier Bonacorsi
POUR OPTIMISER LA SÉCURITÉ EN PLEIN-AIR
Les activités sportives et de plein-air en nature sauvage, et particulièrement en montagne, comportent bien évidemment des risques inhérents. Ces risques peuvent toutefois être considérablement minimisés et maîtrisés grâce à des technologies de pointe et l'expertise d'organismes spécialisés.
Plusieurs grands fabricants d’équipement de plein-air développent d'importantes alliances avec l’industrie des professionnels du plein-air. Parmi eux : Helly Hansen.
L’équipementier, d’origine norvégienne, soutient activement les efforts de nombreux organismes de secourisme (Search and Rescue) et associations de guides de montagne, tant ici au Canada qu’à l'international.
Lors d'une semaine immersive à Squamish, en Colombie-Britannique (véritable mecque canadienne du plein-air), j'ai pu explorer en profondeur certains aspects cruciaux de la sécurité en montagne. Cette expérience m'a également permis de découvrir les engagements concrets de Helly Hansen auprès des communautés de professionnels du plein-air. Mon initiation au dévouement social et communautaire de l’entreprise fut d'ailleurs racontée dans La Norvège : un pays où l’on se soucie…
LES GUIDES DE MONTAGNE
La première journée de ce rendez-vous médiatique s’est déroulée en compagnie de guides de Coast Mountain Guides. Dans l’Ouest canadien, les guides de montagne sont généralement plus actifs l’hiver, guidant des aventures en ski. Comme notre escapade était à l’automne, ils ont fait preuve de créativité en nous transportant en bateau pour nous faire découvrir des lieux de randonnée uniquement accessibles par voie maritime, le long de la rivière Squamish. Cette initiative nous a permis d'explorer des sites d'une beauté saisissante, préservés de l'affluence touristique habituelle.
L'expertise locale des guides se révèle inestimable, non seulement pour accéder à des joyaux cachés, mais aussi pour garantir notre sécurité tout au long des aventures.
Leur connaissance approfondie du terrain et leur capacité à anticiper les risques potentiels enrichissent considérablement l’expérience. Cette journée a parfaitement illustré les avantages de faire appel à des professionnels locaux : l'accès à des sites exceptionnels et secrets, couplé à un encadrement expert assurant une exploration sereine des merveilles naturelles de leur région.
LES SECOURISTES
Nous avons également consacré une journée à randonner avec une équipe de secouristes du Squamish Search and Rescue. Grâce à des simulations de sauvetage, nous avons pu expérimenter toutes les étapes que requiert le secours d’une personne en situation de détresse. Ces secouristes démontrent une expertise comparable à celle des guides de montagne en matière de connaissance du terrain, d'orientation et d'autonomie en nature.
Les deux entités - guides et secouristes - travaillent en parfaite synergie, l’une se concentrant sur sa mission de sauver des vies, et l'autre sur l'accompagnement de ses clients vers des lieux magnifiques en toute sécurité; toutes deux offrant des expériences uniques et mémorables.
RECCO
Êtes-vous localisable en tout temps et en tout lieu ?
Si vous possédez des vêtements ou du matériel de plein-air récents provenant d’un grand équipementier, vous portez probablement un réflecteur RECCO. Voici un aperçu de ce dispositif passif qui ne requiert ni pile ni entretien, et qui peut littéralement faire la différence entre la vie et la mort.
En 1973, après avoir perdu un ami dans une avalanche, l’inventeur suédois Magnus Granhed s'est convaincu de la nécessité de concevoir un appareil capable de localiser les victimes d’avalanche. C’était bien avant la démocratisation (et la précision) du DVA (détecteur de victimes d’avalanche) que les adeptes de ski de montagne utilisent aujourd’hui.
À l’époque, Granhed décide donc d’aller cogner à la porte de son alma mater, l’Institut de technologie de Stockholm, où, avec quelques professeurs, il tente de développer un appareil pour repérer les corps humains ensevelis à l’aide d’une technologie servant à détecter les tumeurs cérébrales. Les résultats s'avérant peu concluants, il se tourne vers une autre technologie : le radar harmonique. Granhed entreprend alors de concevoir, avec l’aide de plusieurs chercheurs, un transpondeur passif (porté par les skieurs) détectable par radar. Ainsi naquit ce qu’on appelle aujourd’hui le réflecteur RECCO.
AU FIL DES ANS, LES DÉTECTEURS ET RÉFLECTEURS S'AMÉLIORENT
En 1983, les prototypes franchissent l'étape de la commercialisation grâce à un premier contrat avec l’équipe de secouristes professionnels d’Air Zermatt, en Suisse.
Puis, l'année 1987 marque un tournant décisif : une première victime est retrouvée vivante en Suisse grâce au système RECCO, repérée depuis un hélicoptère.
Rapidement, la recherche pour créer un détecteur à longue portée est lancée, aboutissant au premier RECCO SAR (pour hélicoptères) en 2015. Le reste, comme on dit, appartient désormais à l’histoire.
Aujourd’hui, 30 RECCO SAR et 2200 détecteurs portatifs R9 sont utilisés par plus de 900 stations de ski et organismes de secours dans 32 pays. Le succès de cette technologie est tel que les réflecteurs RECCO sont maintenant incorporés dans les vêtements et équipements de plein-air de plus de 150 marques. À lui seul, Helly Hansen a intégré (en date de 2022) plus d’un demi-million de réflecteurs dans ses différents produits. L’équipementier fut d’ailleurs l’un des premiers à les incorporer dans ses vêtements et équipements d’été, contribuant ainsi à rendre les utilisateurs repérables à l’année, quelle que soit l'activité pratiquée.
Au Québec, on trouve des détecteurs portatifs RECCO à Tremblant, au Massif de Charlevoix et dans les Chic-Chocs. Depuis l’été 2022, un détecteur RECCO SAR est également basé au Saguenay et exploité par Hélico Secours. À 10 minutes d’avis, un hélicoptère peut ainsi partir à la recherche d’une personne portée disparue en nature, été comme hiver. Encore faut-il que celle-ci porte sur elle un réflecteur… ou idéalement plusieurs.
En effet, puisqu’il existe un angle optimal entre le détecteur et le réflecteur pour favoriser la détection, on augmente d’autant plus ses chances d’être localisé si on porte plusieurs vêtements ou équipements intégrant un réflecteur.
Soulignons que si les détecteurs RECCO peuvent localiser les DVA, l’inverse ne prévaut pas : les réflecteurs RECCO ne sont détectables que par les détecteurs RECCO.
RECCO rappelle qu’il est important d'informer ses proches de la présence de réflecteurs dans son équipement. Cette information permettra d'aviser éventuellement les secouristes qu’il existe bel et bien une aiguille localisable dans la botte de foin, en cas de pépin !
Merci à Helly Hansen pour cette semaine enrichissante et hautement informative, ainsi que pour son implication auprès de nombreux organismes de professionnels et bénévoles du plein-air.














Aucun commentaire
Soyez le premier à laisser le vôtre !