NATURE HUMAINE

Là où la science, l'expérience et la passion
pour l'activité physique, la performance et le plein-air se rencontrent

Entraînement - Équipement - Plein-air

Le Viagra fait grimper !

Le citrate de sildenafil, le fameux Viagra, est un médicament utilisé pour traiter les dysfonctions érectiles. Développé à l’origine pour contrer l’hypertension, il agit comme vasodilatateur : il relâche les muscles lisses des parois des vaisseaux sanguins, d’où leur dilatation et, donc, un plus grand afflux de sang et une meilleure oxygénation. Cet effet se manifeste dans plusieurs organes, notamment le pénis, les muscles et les poumons.

En haute altitude, la pression partielle de l’oxygène est moins élevée qu’au niveau de la mer, parce que la pression atmosphérique y est plus basse. L’apport en oxygène aux muscles actifs est donc diminuée.

En se disant que deux et deux font quatre, un certain nombre de chercheurs ont vérifié si, en plus de contribuer au bonheur charnel des amoureux, la petite pilule bleue pouvait aussi améliorer la performance sportive.

Dans Sildenafil improves cardiac output and exercise performance during acute hypoxia, but not normoxia (2005), dix cyclistes entraînés (dont le VO2max moyen était de 60 ml/kg/min), ont pris part à trois contre-la-montre de 10 km au niveau de la mer et à trois contre-la-montre de 6 km dans un laboratoire qui simulait une altitude de 3874 mètres.

Les doses de Viagra lors des trois tests (au niveau de la mer et en altitude) furent de 0 mg (placebo), 50 mg et 100 mg.

Si aucune différence ne fut observée lors des tests au niveau de la mer, les observations lors des tests en altitude furent impressionnantes. L’amélioration moyenne de la performance au contre-la-montre des dix cyclistes fut de 15 % ; c’est énorme !

Fait à noter, l’effet ergogène était plus marqué chez certains sujets que chez d’autres : quatre d’entre eux ont vu leur performance s’améliorer de seulement 1 %, tandis que chez les six autres, l’amélioration moyenne était de 39 % !

Les chercheurs concluaient par ailleurs, qu’en altitude, il y a des personnes (les non-répondants) dont la performance « sportive » n’est pas améliorée par le Viagra, et d’autres (les répondants), chez qui elle l’est fortement.

Le débit cardiaque fut également augmenté de 25 % au repos et de 32 % à l’effort chez les répondants, comparativement à 9,4 % et 14 % chez les non-répondants.

Les chercheurs ont par ailleurs noté qu’il n’y avait pas de différence dans les résultats entre les doses de 50 mg et 100 mg.

L’étude ne mentionne toutefois pas si les cyclistes ont eu besoin de porter un cuissard un peu plus grand, afin d’accommoder les autres effets déjà connus du Viagra !


Le citrate de sildenafil n’est plus dans la liste des produits dopants interdits de l’Agence mondiale antidopage. Le bruit circule que certains cyclistes y ont recours dans les épreuves en haute montagne.


Une version abrégée de cet article a initialement été publiée dans le magazine Espaces.


Vous avez aimé… Partagez !

Xavier Bonacorsi

Xavier Bonacorsi

Photographe, kinésiologue, constructeur et disciple de la maxime : « la vie se passe dehors »; Xavier écrit pour divers magazines de photographie, d'entraînement, de santé et de plein-air.

Aucun commentaire

Soyez le premier à laisser le vôtre !

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *