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Heureusement, nos muscles se souviennent…

En ces temps de distanciation sociale forcée, ceux qui désespèrent en voyant leurs muscles fondre à force d’être privés de leur routine de musculation en salle d’entraînement peuvent se rassurer. Car toutes ces heures passées à brasser de la fonte n’ont pas eu que des effets à court terme sur le volume, la force, la puissance et l’endurance de leurs muscles.

La musculation aurait aussi des répercussions à long terme sur la « mémoire » des muscles.

Dans des études publiées en 2020, on corrobore l’idée avancée antérieurement que les muscles qui ont perdu de la force et du volume (acquis par la musculation) suite à une période d’inactivité prolongée retrouvent une grande partie de leur force et leur volume, très peu de temps après la reprise de l’entraînement.

Les chercheurs suggèrent qu’à force d’entraînement, on soumet nos muscles à des adaptations génétiques et métaboliques qui les rendent plus aptes aux gains futurs, que ce soit en force ou en volume, et même en endurance. On parle d’une forme de « mémoire musculaire », qui serait activée par la musculation.

Dans une des études, les chercheurs ont observé qu’après seulement 8 semaines de retour à l’entraînement (après une période d’inactivité de 12 semaines) les muscles préalablement bien entraînés arrivaient à reprendre leur force et leur volume initiaux.

Dans une autre, on concluait qu’un muscle qui avait profité d’augmentations en force et en volume grâce à l’entraînement conservait jusqu’à 50 % de ses gains, même après 20 semaines d’inactivité complète.

Mais c’est dans Skeletal Muscles Do Not Undergo Apoptosis During Either Atrophy or Programmed Cell Death-Revisiting the Myonuclear Domain Hypothesis (2019) qu’on avance une explication : on suggère que cette « mémoire musculaire » serait liée à la pérennité des noyaux des cellules musculaires (ou myocytes). Que lorsqu’il y a atrophie musculaire (perte de volume musculaire), les myocytes diminuent de volume, voire “meurent”, mais que leurs noyaux subsistent. Ceux-ci resteraient stockés, comme en dormance, et activeraient rapidement la regénération des cellules musculaires dès la reprise de l’entraînement.

Les personnes ayant fait de la musculation par le passé auraient donc une longueur d’avance dans l’anabolisme musculaire, comparativement à des personnes non-actives.


Rappelons que les cellules musculaires sont les plus longues du corps humain. Cela étant, elles présentent la particularité de posséder plusieurs noyaux.

On souligne également :

  • que la croissance des muscles, leur fonction physiologique ainsi que leur capacité à se regénérer décroissent avec l’âge,
  • que l’adolescence est le moment idéal pour emmagasiner un maximum de noyaux dans les myocytes à l’aide de la musculation,
  • que ces derniers peuvent littéralement être mis en banque pour les moments où les muscles seront sollicités.

Donc, les bonnes nouvelles pour les adeptes de musculation sont que nos muscles se souviennent et que la remise en forme n’est pas aussi difficile qu’on pourrait le croire…

Une version abrégée de ce texte a initialement été publiée dans www.espaces.ca


Références
Exercise Induces Different Molecular Responses in Trained and Untrained Human Muscle (2020)
The effect of resistance training, detraining and retraining on muscle strength and power, myofibre size, satellite cells and myonuclei in older men (2020)


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Xavier Bonacorsi

Xavier Bonacorsi

Photographe, kinésiologue, constructeur et disciple de la maxime : « la vie se passe dehors »; Xavier écrit pour divers magazines de photographie, d'entraînement, de santé et de plein-air.

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