NATURE HUMAINE

Là où la science, l'expérience et la passion
pour l'activité physique, la performance et le plein-air se rencontrent

Entraînement - Équipement - Plein-air

Les tests d’aptitude aérobie

Les tests d’évaluation de l’aptitude aérobie (ou du VO2max) sont généralement des tests progressifs et maximaux avec mesure de la composition de l’air expiré. Au cours d’un tel test, l’intensité de l’exercice qu’on vous demande d’effectuer augmente du début à la fin, et il se termine lorsque vous n’êtes plus capable de produire l’effort requis.

Tout au long du test, la « machine » calcule le volume d’oxygène que vous consommez (VO2). Ce calcul consiste à soustraire le volume d’oxygène qui sort de vos poumons de celui qui y entre. La différence est le volume d’oxygène que vous consommez pour faire du travail musculaire. L’ordinateur mesure donc votre VO2 en temps réel, l’affiche à l’écran et l’enregistre pour interprétation ultérieure.

À la fin d’un test d’évaluation du VO2max, l’effort requis est franchement pénible. L’avant dernier palier vous paraît interminable. Mais la plus longue (et pénible) minute de votre vie, c’est la suivante ! Au moment où vous devez abandonner, on sait que vous avez assez souffert et on réduit la puissance requise. Ouf !

Aux derniers paliers, votre consommation d’oxygène (VO2) atteint un plateau : elle plafonne même si la puissance développée continue d’augmenter. Le VO2 le plus élevé que vous atteignez est votre VO2max. Vous pouvez faire un tel test en laboratoire, en course à pied sur tapis roulant ou sur un vélo stationnaire. Vous pouvez également le faire sur un terrain de sport, par exemple en patinant ou en ramant, à la condition que vous soyez muni d’équipements de mesure portatifs appropriés. On exprimera probablement votre résultat en millilitres d’oxygène par kilogramme par minute (mL/kg/min). En fait, on mesure d’abord votre VO2max en litres d’oxygène par minute (L/min), puis on le rapporte par unité de poids (kilogramme). Par exemple, si votre VO2max est de 3,0 litres par minute et que vous pesez 70 kg, on calculera que votre VO2max est de 43 mL/kg/min. En effet, 3000/70 = 43.

Le VO2max est le plus important déterminant de votre santé cardiovasculaire et de votre performance dans les activités sportives d’endurance, comme la course à pied, le vélo, le ski de fond, la natation et le patin à roues alignées.

Le système de transport de l’oxygène est notamment composé des poumons, où l’air ambiant pénètre dans la circulation artérielle, et du cœur qui fait circuler le sang dans tout le corps, notamment dans les muscles actifs qui utilisent l’oxygène pour se contracter. L’extraction de l’oxygène se fait dans les cellules musculaires. Elle est d’autant plus importante qu’il y a une grande densité de capillaires artériels autour de chacune des cellules des muscles. Mais ce n’est pas tout : pour afficher un VO2max élevé, il faut aussi que les enzymes oxydatives soient très actives dans ces cellules. Les enzymes oxydatives jouent un rôle clé dans les processus énergétiques de la contraction musculaire.

On sait qu’un bon programme d’entraînement peut améliorer le VO2max d’environ 5 à 15 % en une saison, tout dépendant de votre « entraînabilité ».

Chose certaine, le VO2max demeure le plus important des déterminants de la performance dans les activités d’endurance. D’où l’intérêt de le faire évaluer en laboratoire.


Pour en savoir davantage
Entraînement cardio, sports d’endurance et performance (2009)
En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer (2013)


Vous avez aimé… Partagez !

Guy Thibault

Guy Thibault

Docteur en physiologie de l’exercice, Guy est directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec et professeur associé au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

  • Errol Desfossés

    21 novembre 2017 #1 Author

    Bonjour M. Thibault, j'adore votre site qui foisonne d'infos scientifiques et non anecdotique sur les divers paramètres en physiologie de l,entrainement. Aussi j'ai une question concernant l'entraînabilité qui me concerne: Étant âgé de 61 ans:, je cours environ 6-8 heures par semaine, je fais 2 séances en EPI ( VMA et VMA ascensionnelle) Je remarque que je peux améliorer ma VMA, cependant est ce que je peux également améliorer mon VO2max compte tenu de mon âge?

    Répondre

    • Thibault

      Thibault

      22 novembre 2017 #2 Author

      Merci pour votre bon mot. Après un certain âge, deux vecteurs s’apposent l’un à l’autre :
      1) le vieillissement réduit les qualités physiques comme la consommation maximale d’oxygène (VO2max), la vitesse maximale aérobie (VMA) (à noter cependant qu’il est possible que l’endurance ne diminue pas avec l’âge ; CQFD) et la capacité anaérobie ;
      2) l’entraînement les augmente.
      Si notre «traînabilité» (si vous me pardonnez ce néologisme) est élevée, le vecteur positif (l’entraînement) l’emporte sur le vecteur négatif (le vieillissement). La «traînabilité» dépend notamment des changements de l’entraînement (p. ex., elle est plus grande quand on passe d’un mauvais entraînement à un bon entraînement), mais surtout de l’héritage génétique. Certaines personnes «répondent» plus facilement que d’autres à l’entraînement (la nature est bien injuste lorsqu’elle distribue les gènes). Le jeu consiste donc à s’entraîner le mieux possible pour opposer une résistance contre le vecteur négatif. Certaines sexagénaires parviennent à s’améliorer. Cependant, tôt ou tard, l’effet du vieillissement fini par l’emporter (impossible, dès lors, de s’améliorer), mais ce moment arrive tôt chez certains, tard chez d’autres, plus chanceux à la loterie des gènes.

      Répondre

      • Romuald

        23 novembre 2017 #3 Author

        Bonjour Guy. Si je peux me permettre, vous ne répondez pas tout à fait à la question d'Errol : peut-on améliorer sa VMA sans que le paramètre VO2max ne varie?

        Répondre

        • Guy Thibault

          Guy Thibault

          23 novembre 2017 #4 Author

          Oupsss ! Vous avez raison; j'ai omis de répondre à un élément clef. Étant donné que la VMA dépend à la fois du VO2max et de l'efficacité de la foulée et étant donné que l'efficacité de la foulée s'améliore par un processus différent, on peut en effet penser que l'on peut améliorer la VMA sans que le VO2max ne s'améliore nécessairement. Les ex-cyclistes qui se mettent à la course à pied améliorent leur VMA au fil des mois, alors que leur VO2max change peu ou pas du tout. Et quelques semaines de musculation avec des charges élevées et à vitesse élevée s'accompagnent d'une amélioration de l'efficacité de la foulée et de la VMA, sans changement du VO2max.

          Répondre

  • Errol

    22 novembre 2017 #5 Author

    Bon ben je continue à faire de la VMA et de la VMAA alors, merci beaucoup pour la réponse.

    Répondre

  • Simon Julien

    27 novembre 2017 #6 Author

    Bonjour Guy,
    Le FTP presque maintenant généralisé dans les modèles disponible sur internet (trainerroad, Suffesfest, trainingpeak) est-il valable pour moduler les EPI ?
    Si oui, comment pouvons-nous convertir le niveau d'effort associé à vos EPI qui intègre généralement la PAM en utilisant plutôt le paramètre FTP ?

    Répondre

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *