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Cyclisme : trois semaines d’entraînement allégé ne réduisent pas la performance
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Plusieurs athlètes sont réticents à l’idée de diminuer le volume et l’intensité de leur entraînement, car ils craignent que leur condition physique n’en souffre. Ainsi, on a effectué plusieurs recherches sur les effets d’une diminution du volume d’entraînement. Cependant, peu d’entre elles ont porté sur l’effet d’une diminution concomitante du volume et de l’intensité d’entraînement.

Les auteurs de A reduction in training volume and intensity for 21 days does not impair performance in cyclists (2001) ont demandé à 12 cyclistes bien entraînés de participer à un protocole d’entraînement allégé de 21 jours. Ils ont donc été séparés en deux groupes de 6 qui allaient être soumis à deux types d’entraînements différents, soit un entraînement continu (VO2max = 58,4 ± 5,5 ml/kg/min, puissance aérobie maximale = 4,5 ± 0,46 watts/kg) et un entraînement intermittent (VO2max = 59,2 ± 4,8 ml/kg/min, puissance aérobie maximale = 4,5 ± 0,54 watts/kg). Chacun des cyclistes avait préalablement effectué 7 jours d’entraînement standardisé, à la suite desquels le volume et la fréquence d’entraînement ont été réduits de 50 % et 20 %, respectivement, pendant 21 jours. L’intensité moyenne de travail était de 68 % du VO2max, pour le groupe suivant un protocole d’entraînement continu, et de 53 % et 83 % du VO2max, pour le groupe suivant un protocole d’entraînement intermittent.

Suite à la période d’entraînement allégé, aucune différence statistiquement significative n’a été observée, ni pour le VO2max, ni pour la puissance aérobie maximale (continu : 60,1 ± 5,8 ml/kg/min et 4,8 ± 0,5 watts/kg ; intermittent : 58,8 ± 7,5 ml/kg/min et 4,7 ± 0,6 watts/kg). En ce qui concerne la consommation d’oxygène sous-maximale et la fréquence cardiaque, les cyclistes n’ont présenté aucune différence significative intragroupe et intergroupes. Finalement, on n’a observé aucun changement significatif du taux d’oxydation des lipides.

Ainsi, il apparaît raisonnable de croire qu’une réduction du volume et de l’intensité d’entraînement sur une période de 21 jours n’a pas d’effet sur la performance d’un athlète bien entraîné, peu importe la nature de l’entraînement effectué (continue ou intermittente).

Ces résultats doivent être mis en perspective par rapport à ceux de plusieurs études sur l’affûtage où l’on a observé une amélioration de la performance à la suite d’une diminution du volume hebdomadaire d’entraînement et du maintien du volume d’entraînement à haute intensité. Cette recherche ne permet pas de savoir si la performance diminue après une plus longue période d’entraînement allégé.


Avec la participation de Maxime Van de Putte


Lecture suggérée
The influence of training characteristics and tapering on the adaptation in highly trained individuals : A review (1998)


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Guy Thibault

Guy Thibault

Docteur en physiologie de l’exercice, Guy est directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec et professeur associé au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

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    Robert Bilodeau

    16 mai 2017 #1 Author

    Croyez-vous sérieusement qu'on puisse faire une analyse statistiquement significative avec deux groupes de 6, eux-mêmes soumis à deux types de protocole? Pas moi. Ça n'enlève rien à la valeur de la recherche et ses prémisses mais ça annule ses conclusions. BiL

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    • Thibault

      Thibault

      16 mai 2017 #2 Author

      Il est effectivement décevant que cette recherche ait un si petit nombre de sujets. C’est trop souvent le cas dans les recherches sur l’entraînement sportif. À noter cependant que les tests statistiques tiennent compte du nombre de sujets : quand il y en a peu, il faut des différences plus marquées pour qu’elles puissent sortir comme ‘statistiquement significatives’.

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