Quoi faire entre l’échauffement et le départ de la course ?
On l’a tous vécu : on planifie son échauffement à la perfection, on fait monter la fréquence cardiaque, on fait quelques déblocages, puis on se retrouve coincé près de la ligne de départ pendant un long moment à attendre. Pendant ce temps, la température musculaire chute — on sait depuis Sargeant (1987) que chaque baisse d’un degré coûte environ 3 % de puissance — et l’activation neuromusculaire s’estompe, au moment exact où on en aura le plus besoin.
Une étude de Yamashita et Umemura éclaire ce qu’on peut faire pour limiter cette dérive. Précisons d’emblée le cadre : les chercheurs ont simulé non pas un départ de course, mais la mi-temps d’un match de sport d’équipe chez 10 hommes récréatifs (VO₂max moyen de 50 ml/kg/min), en environnement thermoneutre à 17 °C. Après 40 minutes de pédalage intermittent, les participants passaient 15 minutes en pause — soit assis sur l’ergomètre (condition contrôle), soit suivis d’un re-warm-up très court à très haute intensité juste avant le second effort. Le protocole : 3 sprints maximaux de 3 secondes seulement, séparés par 27 secondes de repos, l’ensemble se terminant environ une minute avant la reprise.
Le résultat est net : la puissance de pointe sur les dix sprints du deuxième effort est de 836 W avec le re-warm-up contre 813 W sans, soit +2,8 % sur l’ensemble des sprints.
La consommation d’oxygène et la fréquence cardiaque grimpent aussi plus vite dès le début du second effort, et la lactatémie passe de 1,5 à 3,7 mmol/L — dans la zone considérée favorable à la performance. Les mécanismes proposés combinent potentiation post-activation, métabolisme aérobie pré-amorcé et meilleure resynthèse de la phosphocréatine.
La transposition au cyclisme — attente avant le départ d’une course après un échauffement — n’est pas directement testée, mais la logique se tient. En pratique, si l’attente s’étire, on intègre une micro-série d’activation qui se termine environ une minute avant le signal de départ : trois efforts très brefs, d’intensité maximale, séparés d’une demi-minute de repos. Sur la ligne de départ, cela peut se traduire par quelques coups de pédale très explosifs en serrant les freins, ou de brèves accélérations si l’espace le permet.
Garde-fou important : on ne dépasse pas 3 à 5 secondes par effort. Au-delà, on entame inutilement les réserves avant que la course n’ait commencé. L’objectif reste explosif, bref et purement nerveux.
En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes