Entraînement par blocs

Un bloc d’entraînement à intensité intermédiaire vaut-il un bloc à haute intensité?

À retenir

L’entraînement par blocs (intermédiaire ou haute intensité) augmente la performance globale.

  • Le bloc à intensité intermédiaire développe mieux la puissance sous-maximale (seuil de lactate).
  • Le bloc à haute intensité cible plutôt l’amélioration des relances explosives et du VO2max.

L’entraîneur choisira donc le bloc selon l’objectif spécifique recherché.

L’entraînement par blocs — concentrer six séances exigeantes en moins d’une semaine, suivies d’une récupération active — séduit un nombre croissant d’entraîneurs cyclistes. Reste une question pratique : pour ce microcycle, vaut-il mieux empiler de longues répétitions à intensité intermédiaire ou des séries plus courtes à très haute intensité? Une équipe norvégienne apporte une réponse intéressante.

Rønnestad et ses collègues ont soumis 22 cyclistes bien entraînés (VO2max moyen : 69,5 mL/min/kg, de niveau « entraîné » à « professionnel ») à deux microcycles successifs, séparés par environ deux mois d’entraînement régulier.

Le bloc à intensité intermédiaire comprenait 6 séances en 7 jours, composées de 5 à 7 répétitions de 10 à 14 min à un effort perçu (RPE, échelle jusqu’à 20) de 14 ou 15.

Le bloc à haute intensité comprenait 5 séances en 6 jours, composées de 5 × 8 min 45 s articulés en micro-intervalles 30 s travail / 15 s récupération, à un effort perçu (RPE) de 17.

Au total, près de deux fois plus de temps accumulé à intensité cible dans le bloc intensité intermédiaire (7 h 04) que dans le bloc haute intensité (3 h 42). Chaque bloc était suivi de 6 jours de récupération active avant les tests.

Le bloc à intensité intermédiaire a significativement plus amélioré la puissance à 4 mmol/L de lactate (+4,5 % vs +2,1 %). En revanche, les deux types de blocs se sont avérés tout aussi efficaces pour augmenter la puissance moyenne maximale soutenue sur 15 min (+4,9 % pour l’intermédiaire et +2,8 % pour la haute intensité), sans différence statistiquement significative entre les deux méthodes. Du côté de l’explosivité, le bloc à haute intensité a montré une tendance à augmenter la puissance maximale sur 10 s (+1,5 %) tandis que le bloc à intensité intermédiaire l’a légèrement diminuée (–1,5 %) — un écart qui n’est toutefois pas significatif sur le plan strictement statistique. Enfin, concernant le VO2max, si seul le bloc à haute intensité a généré une progression significative par rapport à ses valeurs initiales, il est important de préciser que la différence d’amélioration globale entre les deux groupes n’est pas statistiquement significative.

L’étude souligne d’ailleurs un point crucial pour le bloc à haute intensité : pour que le VO2max progresse, le succès repose sur le temps effectif passé au-dessus de 90 % du VO2max pendant les séries.

Pour l’entraîneur, l’étude livre deux approches complémentaires qui agissent par des voies en partie différentes. Le bloc intensité intermédiaire convient mieux à un cycliste qu’on cherche à rendre plus puissant aux intensités sous-maximales. Le bloc à haute intensité semble préférable quand l’objectif est d’améliorer les relances ou d’augmenter le VO2max. La performance globale, elle, profite des deux.

Cela dit, plusieurs réserves s’imposent. L’ordre des blocs n’a pas été randomisé : tous les cyclistes ont fait le bloc intensité intermédiaire en premier, deux mois avant le bloc à haute intensité. Les valeurs de base étaient légèrement plus faibles avant le bloc intensité intermédiaire, ce qui peut avoir favorisé ses gains. Le taux d’abandon a été élevé (21 sur 43 volontaires), surtout pendant et après le bloc intensité intermédiaire, notamment à cause d’infections respiratoires automnales. Une seule étude, donc, qui appelle confirmation par un vrai devis croisé randomisé.


SOURCES SCIENTIFIQUES


En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes


Vous avez aimé… Partagez !

Guy Thibault

Professeur associé à l'École de kinésiologie et des sciences de l'activité physique, Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Guy a été, de 2017 à 2022, directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

Laisser un commentaire