En cross-country short track, tout le monde part fort et lève le pied ensuite. Une équipe brésilienne a comparé le pacing des vingt professionnels d’une manche de Coupe internationale pour voir ce qui distingue le podium du reste du peloton.
À retenir
Sur une manche de Coupe internationale de XCC, tous les cyclistes adoptent un pacing positif — sauf les meilleurs, qui dessinent une double relance en W et prennent l’avantage surtout dans la longue montée non technique (+18,8 %). U23 et élites roulent la même stratégie : ce sont les watts qui font le tri.
Rhaí André Arriel et ses collègues de l’Université fédérale de Juiz de Fora publient dans le Journal of Science & Cycling une analyse rétrospective d’une manche de Coupe internationale de VTT cross-country short track (XCC) — mass-start sur circuit court de 20 à 30 min. Vingt professionnels masculins (25,9 ans; 8 U23, 12 élites) ont bouclé six tours de 2,3 km en 38 min. À partir des fichiers Strava, la vitesse a été extraite tour par tour et sur cinq sections :
- plat
- montée non technique
- descente technique
- section mixte
- descente non technique
Trois tiers de performance : six meilleurs, huit intermédiaires, six derniers.
Tout le monde part fort et ralentit dès le troisième tour — le pacing positif du mass-start. Ni U23 ni élites ne se distinguent sur la vitesse ou le pacing. Par tiers de performance, la courbe se déforme : les meilleurs (22,6 km/h) dessinent un profil en W (deux relances entre les baisses); les intermédiaires (21,7 km/h) suivent un pacing positif; les derniers (20,8 km/h) un profil parabolique.
L’écart entre meilleurs et derniers se concentre sur trois segments non techniques : +18,8 % dans la longue montée, +6,7 % dans la section mixte, +4,1 % dans la descente non technique. Plat et descente technique pure : aucun écart.
LA LEÇON EST DOUBLE
- Physiologique d’abord : c’est la puissance soutenue en côte non technique qui explique le classement.
- Cognitive ensuite : le W des meilleurs traduit une meilleure lecture de course, une capacité à moduler l’intensité.
TROIS ENSEIGNEMENTS POUR L’ENTRAÎNEUR
- D’abord, investir dans la puissance en montée : répétitions de côtes de 2 à 3 min en zone haute.
- Ensuite, cesser de raisonner par catégorie d’âge : U23 et élite roulent les mêmes stratégies; c’est le niveau réel qui distingue.
- Enfin, entraîner les décisions de course : simulations avec adversaires virtuels et changements de rythme.
Réserve sur l’étude : une seule manche, sans mesure de puissance, uniquement des hommes.
En XCC, les segments techniques ne tranchent pas autant que les montées.
SOURCE SCIENTIFIQUE
- Pacing profile and performance of under 23 and elite mountain bikers during cross-country short track event. (2023). Arriel, R. A. et coll.
En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes





