Rhume et entraînement : la règle du cou

Combien de fois par saison un cycliste tombe malade? Peut-il rouler avec un mal de gorge? Un médecin de Belfast et le nutritionniste de Team Ineos livrent un guide pratique.

À retenir

Un cycliste attrape jusqu’à six infections respiratoires par saison — surtout en hiver, en voyage et en périodes de forte charge.

La « règle du cou » tranche : symptômes au-dessus du cou (nez, gorge), on roule à intensité réduite; symptômes sous le cou (poitrine, muscles) ou fièvre, on arrête et on consulte.

Neil Heron (Queen’s University Belfast) et Javier Gonzalez (nutritionniste de Team Ineos) publient dans le Journal of Science & Cycling un guide de pratique clinique sur la prévention et le traitement des infections des voies respiratoires supérieures (IVRS) chez les cyclistes élites sur route. Format : texte court avec infographie, pensé pour l’entraîneur, le staff ou l’athlète pressé. Pas d’échantillon ni de protocole — une synthèse de bonnes pratiques appuyée sur cinq références en immunologie de l’exercice.

Rappel épidémiologique : jusqu’à six IVRS par athlète et par saison, presque toutes virales, avec pics d’octobre à mars, en périodes de perte de poids, vols long-courriers, altitude, privation de sommeil et blocs intenses. Symptômes : congestion nasale, mal de gorge, fièvre 38-39 °C, toux, ~7 jours.

Côté prévention, deux axes :

  • couper les contaminations croisées (pas de poignée de main, deux mètres avec les malades, pas de partage de bidon),
  • soutenir l’immunité (au moins huit heures de sommeil, tête couverte par temps froid, fruits et légumes, protéines 2-2,5 g/kg/jour, vitamine D ≥ 800 UI/jour).

Traitement :

Paracétamol 4 × 1 g/jour, ibuprofène 400 mg au besoin, pastilles de zinc dans les 24 h, vitamine C 1000 mg/jour, oméga-3 1000 mg/jour — autres médicaments à valider sur globaldro.com.

Le cœur du guide, c’est la « règle du cou ».

Symptômes au-dessus du cou (nez, gorge, tête), on s’entraîne à intensité réduite. Symptômes sous le cou ou fièvre, on arrête et on consulte. Reprise normale après 24 h sans fièvre.

Trois enseignements pour l’entraîneur

  • adapter les glucides à la charge : quand on coupe l’entraînement, on coupe l’apport, sans passer sous 3-5 g/kg/jour au risque d’affaiblir l’immunité,
  • ne pas céder au réflexe « au repos, moins de protéines » : viser 2-2,5 g/kg/jour, étalés sur la journée,
  • planifier la prévention en amont des blocs à risque (voyage, altitude, hiver), pas au premier éternuement.

Réserves

  • Consigne clinique appuyée sur seulement cinq références
  • Non une méta-analyse

La saison ne se gagne pas seulement dans les watts; elle se gagne aussi dans les mouchoirs.


SOURCE SCIENTIFIQUE


En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes


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Guy Thibault

Professeur associé à l'École de kinésiologie et des sciences de l'activité physique, Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Guy a été, de 2017 à 2022, directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

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