En BMX, tout se joue en moins de 40 secondes, entre coup de démarrage, sauts et virages. Une équipe néo-zélandaise a mesuré quinze pilotes sous-élites au labo et bâti un modèle qui explique la quasi-totalité des écarts au chrono.
À retenir
Sur les 342 m d’une piste de BMX, trois mesures de labo — le rapport puissance/poids sur sprint de 10 s, la force du dos-jambes-tronc rapportée au poids et l’envergure des bras — expliquent 87 % de la variabilité du temps final.
Le BMX se joue autant dans le haut du corps que dans les jambes.
Amin Daneshfar et ses collègues des universités de Canterbury et Charles Darwin publient dans le Journal of Science & Cycling une étude transversale sur les prédicteurs de performance en BMX. Quinze pilotes sous-élites — 12 hommes (18,3 ans, VO2max 43,3 mL/kg/min) et 3 femmes (17,7 ans, VO2max 35,0 mL/kg/min) — sont passés au laboratoire pour diverses mesures : anthropométrie, force maximale (leg press, bench pull, dos-jambes-tronc, handgrip), détente verticale, sprint maximal de 10 s sur Wattbike, VO2max. Une semaine plus tard, trois manches maximales sur la piste extérieure de Christchurch (342 m), le meilleur chrono retenu.
En course, les hommes bouclent le tour en 36,39 s en moyenne, les femmes en 40,71 s. Les corrélations avec le chrono sont éloquentes : le rapport puissance/poids sur 10 s domine largement, suivi de la cadence maximale, du squat jump, du pourcentage de masse grasse (13 % chez les hommes, 26 % chez les femmes) et de la force relative dos-jambes-tronc. L’analyse statistique par régressions multiples retient trois variables — rapport puissance/poids, force relative dos-jambes-tronc et envergure des bras — qui expliquent ensemble 87 % de la variabilité du temps final.
Le résultat colle à la logique du BMX : à l’ouverture de la grille, on projette le vélo à pleine puissance, puis on pompe la piste avec le haut du corps entre sauts et virages. Bas (rapport puissance/poids) et haut (force dos-jambes-tronc, longueur des bras) travaillent de concert.
Trois enseignements pour l’entraîneur
- D’abord, prioriser le rapport puissance/poids par des sprints maximaux courts, sur ergocycle ou sur piste.
- Ensuite, muscler la chaîne dos-jambes-tronc — pas seulement les cuisses — pour tirer efficacement sur le guidon à la sortie de la grille.
- Enfin, surveiller la masse grasse : 26 % chez les femmes du groupe, nettement au-dessus des BMX élites.
Réserves
- 15 pilotes seulement, dont 3 femmes
- un niveau sous-élite régional
- aucune mesure de puissance directement en piste
Le chrono BMX ne se lit pas dans les jambes seules; il se lit du guidon aux pédales.
SOURCE SCIENTIFIQUE
- Prediction of track performance in competitive BMX riders using laboratory measures (2020). Daneshfar, A. et coll.
En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes





