Départ BMX : le braquet idéal dépend du but recherché

Sur la rampe de départ olympique de BMX, quel braquet choisir? Pour trancher, des scientifiques français ont couplé modèle physique et mesures embarquées sur le vélo du champion du monde 2025.

À retenir

Sur les 8 mètres du départ BMX, un cycliste de haut niveau bien préparé produit 2 100 W en moyenne (pics à 3 700 W), quatre coups de pédale et 4 kJ de travail total avant le premier saut.

Le braquet optimal dépend du critère : viser la vitesse maximale à l’entrée du plat mérite un plus gros braquet.

Antonin Fortier, Mickaël Violain, Emmanuel Brunet et Christophe Clanet (École Polytechnique et Fédération française de cyclisme) publient dans le Journal of Science & Cycling une étude qui couple modélisation physique du départ BMX et mesures de terrain. Le protagoniste : un pilote d’élite (29 ans, 80,6 kg), champion du monde 2025, sur la rampe olympique de Saint-Quentin-en-Yvelines (8 m de dénivelé). Instrumentation et mesures : pédalier avec capteur de puissance, traînée en soufflerie (SCd = 0,55 m²), résistance au roulement (CRR = 0,0093). Trois braquets comparés : 47/16, 47/17 (compétition), 47/18 (entraînement); cinq départs par braquet.

Le pilote produit exactement quatre coups de pédale avant que la transition courbe ne le soumette à ~5 g d’accélération centrifuge, bloquant tout pédalage. Sur ces quatre coups, la force sur la pédale chute de 2 700 N à 800 N. Puissance moyenne 2 100 W, pics à 3 700 W. Vitesse au pied de la rampe : 50 km/h, énergie totale 4 kJ. Le modèle met en parallèle la relation couple-cadence du pilote (Γmax = 331 Nm et cadence maximale 23,5 rad/s, soit 244 rpm), le bilan énergétique et la géométrie — sa prédiction colle aux mesures. Coût énergétique quasi identique pour les trois braquets. Un plus gros braquet allonge la distance de pédalage à puissance moindre.

Le modèle tranche entre deux critères.

  • Critère 1 : minimiser le temps jusqu’au sommet de la première bosse — l’optimum est 45/16, gain marginal sur le 47/17 (0,4 mm à 50 km/h) – c’est négligeable.
  • Critère 2 : maximiser l’accélération entre la sortie de la courbe et l’entrée du plat — l’optimum monte au braquet maximal (47/16), avec un gain tangible.

Enseignements pour l’entraîneur

  • D’abord, définir le but tactique avant de choisir le braquet.
  • Ensuite, retenir la contrainte : le braquet ne devrait pas dépasser 47/16, sinon les quatre coups de pédale déborderaient la zone « pédalable ».
  • Enfin, un compromis raisonnable est 37/13.

Réserves

  • un seul pilote,
  • analyse limitée aux 3 premières secondes,
  • pas d’interactions avec adversaires.

Sur 8 m de rampe olympique, chaque braquet a son mérite — encore faut-il savoir ce qu’on vise.


SOURCE SCIENTIFIQUE


En partenariat avec la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes


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Guy Thibault

Professeur associé à l'École de kinésiologie et des sciences de l'activité physique, Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Guy a été, de 2017 à 2022, directeur des Sciences du sport de l’Institut national du sport du Québec. Ses deux derniers livres sont des succès de librairie : Entraînement cardio, sports d’endurance et performance ; et En pleine forme, conseils pratiques pour s’entraîner et persévérer.

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